Etude du microbiote vaginal sur une « puce »
Résumé
Les études du microbiote vaginal bénéficient maintenant d’une nouvelle technique : la puce vaginale (Vaginal Chip). Il s’agit d’un modèle décrit pour la première fois en 2022 dans la revue Microbiome1 consistant en une membrane poreuse comportant 2 canaux, l’un contenant des cellules vaginales humaines et l’autre des fibroblastes humains (cf photo ci-dessous).
Cette configuration permet de mimer l’épithélium vaginal comme l’ont démontré l’adjonction de Lactobacillus ou de Gardnerella vaginalis qui ont entraîné des modifications comparables à celles observées in vivo.
Une équipe américano-israélienne a utilisé cette technique pour étudier l’influence du mucus cervical sur l’épithélium vaginal en présence d’un microbiote dysbiosique2. Pour cela ils ont utilisé une seconde puce (Cervical Chip), contenant dans un canal des cellules cervicales humaines et dans l’autre canal des fibroblastes cervicaux (cf schéma ci-dessous). La puce vaginale a été incubée avec un microbiote dysbiosique (mélange de Gardnerella vaginalis, Prevotella bivia et Atopobium vaginae ) puis exposée au mucus cervical prélevé dans la puce cervicale.
Résultats et perspectives
Les résultats sont très intéressants :
- La glaire cervicale réduit les phénomènes inflammatoires et les lésions tissulaires causés par la dysbiose vaginale
- Le mucus cervical a permis de diminuer le nombre de bactéries impliquées dans la dysbiose, que le mucus ait été ajouté dans la puce vaginale avant les bactéries, 1 heure ou 1 jour après.
- Mais cette décroissance bactérienne n’est pas obtenue avec le mucus cervical seul mais seulement en présence de cellules vaginales. Le mucus cervical va donc agir en stimulant l’expression de substances anti-bactériennes par les cellules vaginales
- Des études protéomiques ont montré une augmentation de la production de protéines antimicrobiennes et de protéines régulatrices de l’immunité par les cellules vaginales
- Une diminution de la production d’une protéine dégradant les mucines (la GNB) est également observée, limitant le risque de colonisation bactérienne de la muqueuse
Certaines de ces protéines (ou peptides) retrouvées dans cette étude pourraient servir de marqueurs de la dysbiose vaginale surtout chez les patientes récurrentes.
La glaire cervicale joue donc un rôle important dans les défenses vis-à-vis de la dysbiose vaginale. Un déséquilibre cette glaire pourrait être un facteur favorisant les récidives de vaginose.
Une des relatives faiblesses de cette étude est l’absence de cellules immunitaires dans le modèle puce.
Il n’en demeure pas moins que cette étude met en lumière le rôle jusque là mal connu de la glaire cervicale dans l’équilibre du microbiote vaginal.
- Mahajan G, et al Vaginal microbiome-host interactions modeled in a human vagina-on-a-chip. Microbiome. 2022 Nov 26;10(1):201. doi: 10.1186/s40168-022-01400-1. PMID: 36434666; PMCID: PMC9701078.
- Gutzeit O, et al Cervical mucus in linked human Cervix and Vagina Chips modulates vaginal dysbiosis. NPJ Womens Health. 2025;3(1):5. doi: 10.1038/s44294-025-00054-2. Epub 2025 Jan 29. PMID: 39896100; PMCID: PMC11779628.